Liberté d’expression en danger : Stéphane Freiss alerte les professeurs

Chaque jour, Élodie Suigo accueille une personnalité dans son univers. Le jeudi 18 janvier 2024, c’est au tour du talentueux comédien et réalisateur Stéphane Freiss de faire son entrée. À partir du 24 janvier, il illuminera la scène du prestigieux théâtre Antoine avec sa participation à la pièce intitulée « Le Cercle des poètes disparus ». Une oeuvre qui promet d’envoûter le public par sa profondeur et son essence poétique. Le choix de Stéphane Freiss pour incarner l’un des personnages de cette pièce est un véritable coup de maître, tant son talent et sa présence scénique sont indéniables. Le théâtre Antoine, haut lieu de la culture parisienne, sera le théâtre de cette rencontre magique entre le public et cet acteur d’exception. Les spectateurs auront ainsi l’opportunité de plonger dans l’univers fascinant de « Le Cercle des poètes disparus », une pièce qui explore les profondeurs de l’âme humaine et la puissance des mots. Stéphane Freiss, en véritable maître de cérémonie, guidera les spectateurs à travers cette aventure théâtrale hors du commun. Une occasion unique de découvrir ou redécouvrir cet artiste accompli, qui a su conquérir aussi bien le cinéma que le théâtre. Rendez-vous donc au théâtre Antoine à partir du 24 janvier pour vivre une expérience théâtrale inoubliable en compagnie de Stéphane Freiss et de toute la troupe du « Cercle des poètes disparus ».

Stéphane Freiss est un acteur toujours arborant un sourire radieux, débordant d’énergie et de joie de vivre sur scène. Il a commencé sa carrière très tôt, que ce soit sur le web ou sur le petit écran, mais c’est au cours Florent et au Conservatoire National Supérieur d’art dramatique qu’il a véritablement trouvé sa voie. Le public l’a découvert en 1987 dans le film « Chouans ! » réalisé par Philippe de Broca, dans lequel il incarnait le personnage d’Aurèle de Kerfadec. Cette performance lui a d’ailleurs valu de recevoir le César du meilleur espoir masculin. Alternant entre le cinéma, la télévision et même la réalisation, Stéphane Freiss fait maintenant une pause au théâtre.

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À partir du 24 janvier, il jouera le rôle du professeur John Keating dans la pièce de théâtre « Le Cercle des poètes disparus » au théâtre Antoine.

franceinfo : Ce rôle de professeur a été rendu célèbre par Robin Williams dans le film « Le Cercle des poètes disparus » en 1989. Maintenant, vous le jouez dans une pièce de théâtre. Est-ce que cela ne représente pas déjà un cadeau pour vous ?

Stéphane Freiss : Je vais vous confier quelque chose. Je fais partie des rares personnes qui n’avaient pas vu le film. Je n’avais donc pas de pression vis-à-vis de cet événement et de cette icône que représente le film pour les générations passées et présentes. Je savais que Robin Williams avait marqué le rôle, mais je me suis senti très libre. Nous avons pris certaines libertés tout en respectant certaines contraintes propres au cinéma. Nous devions permettre au public de passer du « vous » au « moi ». Au cinéma, cela est facile grâce à la voix off et aux plans variés. Au théâtre, les mots sont essentiels. Nous avons donc travaillé sur une approche qui prenait une certaine distance par rapport au film, tout en espérant satisfaire les fans.

L’histoire se déroule en 1959 dans le Vermont, aux États-Unis, et nous suivons le professeur John Keating qui enseigne la littérature anglaise. Il se distingue par sa manière originale d’enseigner à ses élèves, en les poussant à vivre l’instant présent et à rechercher la liberté. Est-ce également cela qui vous intéresse dans ce métier et dans cette pièce de théâtre ?

Je pense que nous devrions tous remettre en question nos certitudes à chaque instant de notre vie. Cela nous permet d’avancer et d’éviter de nous effondrer.

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« C’est dans les moments de doute qu’on se construit vraiment, qu’on remet en question ce qu’on croyait acquis et dont on sait que c’est une illusion. » – Stéphane Freiss

J’adore le message que transmet cet homme. Il est universel. Il nous dit en permanence : « Réveillez-vous. Ne croyez pas que tout est acquis ! » C’est de cette manière que nous permettrons aux générations futures de comprendre quelque chose de la vie.

Nous sommes tous touchés par les événements tragiques impliquant Dominique Bernard et Samuel Paty. À travers cette pièce de théâtre, nous réalisons à quel point le rôle du professeur est essentiel, combien un enseignant peut changer des vies et permettre à certains enfants, certains adolescents, de se découvrir.

La principale raison pour laquelle j’ai choisi de jouer cette pièce, c’est parce que la liberté d’expression que doit avoir un professeur est en danger. Il est essentiel de faire entendre ce message, notamment à travers le théâtre. Il y a quelque chose de profondément empathique et émotionnel dans cette pièce. Qui n’a jamais rêvé d’avoir un professeur comme John Keating ? Est-ce que tout le monde a eu son John Keating ? Je ne suis pas sûr.

Lorsque vous étiez enfant, vous avez vécu un moment très difficile, celui de la séparation de vos parents. Vous avez mal vécu cette situation et vous vous êtes renfermé sur vous-même. Au début, vous avez vécu avec votre maman, puis vous avez été placé en pension. Vous avez même fugué. De plus, vous avez toujours été profondément marqué par vos ancêtres, car à l’exception de vos grands-parents maternels, ils ont tous été déportés. A-t-on l’impression que votre John Keating a été les Cours Florent pour vous ? N’est-ce pas aussi cela, la vie, avoir besoin et accepter que les autres nous nourrissent ?

Effectivement, la vie est faite de rencontres. Ce que vous dites est tout à fait exact. De nombreuses choses ont marqué ma vie et, étant quelqu’un qui prend du temps pour assimiler ce qui m’arrive… L’année dernière, j’ai réalisé un film…

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Ce film, « Tu choisiras la vie », était-il une forme de réponse à tout cela ?

Avec le temps, je réalise que ce ne sont pas moi qui ai choisi mes personnages, mais plutôt eux qui m’ont choisi. L’accumulation de tous ces choix de personnages s’est faite presque à mon insu. Cela m’a construit et m’a apporté beaucoup de bonheur jusqu’à présent, mais aussi un peu de frustration, ce qui est normal car cela me renvoie à moi-même. C’est magnifique de pouvoir utiliser la voix de John Keating pour prêcher la bonne parole, mais il faut également que cela résonne en moi. C’est pourquoi je le fais. Cela me permet de réveiller mon sens critique vis-à-vis du monde et de moi-même. C’est une véritable chance de faire ce métier aujourd’hui, dans ces conditions.

Tout est basé sur le fameux « carpe diem ». Vous autorisez-vous à être heureux aujourd’hui ? Vous avez mis du temps à accepter le bonheur, en raison de ce que vos ancêtres ont vécu. Est-ce que maintenant vous acceptez et vivez le « carpe diem » ?

Je ne le sais pas. J’essaie de me laisser fragiliser par ceux qui ont une intention sincère de m’aider à mieux vivre. J’essaie non seulement de vivre le « carpe diem », mais aussi de le transmettre à mes enfants. Mon film et ce personnage en étaient d’ailleurs la représentation.

source informationnelle : francetvinfo.fr

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